Les syndicats veulent des mesures pour assurer le respect des ODD par le secteur privé

Le TUAC et la CSI / RSCD ont participé à la semaine annuelle de l’OCDE sur le financement privé pour le développement durable afin de débattre des questions émergentes concernant le rôle du secteur privé dans le financement du développement.

En janvier 2019, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), notamment la Direction de la coopération au développement (DCD), a réuni la communauté du développement à Paris, en France, lors de sa semaine annuelle sur le financement privé pour le développement durable (PF4SD). Le comité consultatif des syndicats auprès de l’OCDE (TUAC) et le Réseau syndical de coopération au développement de la Confédération syndicale internationale (CSI / RSCD) ont participé aux discussions.

Avec l’adoption des objectifs de développement durable (ODD ODD Les Objectifs de développement durable ont été l’un des résultats de la Conférence Rio+20. Les États membres ont lancé une nouvelle série de futurs objectifs internationaux en matière de développement, qui se baseront sur les Objectifs du millénaire pour le développement et convergeront avec le programme de développement pour l’après-2015. ), la question suivante est de savoir comment financer ces objectifs ambitieux. La communauté du développement considère de plus en plus le capital privé comme l’une des sources essentielles pour résoudre l’équation. Cependant, malgré de nombreux débats, on ne sait toujours pas ce que signifie travailler avec le secteur privé dans le contexte de la coopération au développement - en commençant par les acteurs du secteur privé (multinationales ou entreprises nationales, associations ou PME, coopératives ou intermédiaires financiers) ou comment les engager. Il n’est pas clair non plus dans quelle mesure d’autres formes de coopération pour le développement, telles que l’appui budgétaire aux États, seront affectées. En outre, il existe peu d’informations sur les outils et pratiques existants pour garantir quela collaboration avec le secteur privé est efficace et contribue à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Les syndicats sont d’avis que toute initiative visant à accroître les investissements du secteur privé dans le développement doit respecter les engagements internationaux en matière de droits de l’homme et ne pas compromettre le principle d’appropriation par les pays - principe fondamental du programme d’efficacité de Nairobi pour le développement. Le dialogue social est essentiel à cet égard, car il garantit la mise en œuvre des droits du travail et de la gouvernance démocratique - comme le reconnaît le caucus d’entreprises du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (GPEDC) lui-même dans sa déclaration.

Pierre Habbard (TUAC), durant son intervention au Forum.


Comme l’a déclaré Pierre Habbard, secrétaire général du TUAC, à l’ouverture de la semaine du PF4SD, « le temps des initiatives volontaires est révolu. Nous devons aller au-delà des simples pourparlers et évoluer vers un véritable engagement contractuel entre les partenaires sociaux ». Ainsi, « il est nécessaire de renforcer les normes de divulgation concernant l’impact social, économique et environnemental, les droits du travail et les droits de l’homme ».


L’alignement sur les objectifs de développement durable et les principes d’efficacité du développement est encore plus strict lorsque le financement public du développement soutient les investissements du secteur privé.

- Paola Simonetti, directrice adjointe du Département des politiques économiques et sociales à la CSI.


En outre, les résultats doivent montrer que les infrastructures, les services et les biens sont complémentaires, accessibles et abordables pour tous et sans discrimination. Que les emplois créés reposent sur la liberté d’association et la négociation collective, des salaires équitables, la protection sociale, ainsi que les revenus générés au niveau national sont en faveur du système national du pays, y compris les impôts et les cotisations sociales.

De gauche à droite : Rasmus Raabjerg Nilssen (TUAC), Nerea Craviotto (CSI/RSCD) et Alex Nkosi (CSI-Afrique)


Les discussions lors de la semaine PF4SD ont déclenché de nombreux débats sur les défis et les opportunités liés à la participation du secteur privé au développement. Cependant, d’autres mesures importantes doivent être prises pour garantir le respect des normes relatives aux droits de l’homme, des droits des travailleurs et des principes d’efficacité du développement.
 

 

Ressources associées

La CSI / RSCD a produit une série de publications sur la position et les demandes clés des syndicats aux gouvernements et les insitutions financières au développement au sujet de l’engagement du secteur privé dans la coopération au développement.

- Document de recherche : Aligner le financement mixte sur l’efficacité au to développement : où en sommes-nous ?

- Exemple pays : Financement mixte dans le développement : Chili

- Exemple pays : Financement mixte dans le développement : Philippines

- Demandes clés syndicales : Aligner les investissements du secteur privé dans des programmes de développement aux ODD