Le Congrès de la CSI réclame l’égalité de genre et le respect des droits syndicaux

Égalité de genre

La résolution sur l’égalité de genre adoptée par le Congrès explique que la crise mondiale a approfondi les inégalités et sapé les droits de femmes. Du reste, elle établit également un programme d’action en vue de la réalisation de l’égalité de genre au travail et dans la société.

Diana Holland, présidente du Comité des femmes de la CSI, a rappelé aux délégués que les femmes représentaient la moitié de la population de la planète et effectuaient deux tiers des travaux dans le monde, pourtant elles ne percevaient que 10 pour cent des revenus et ne possédaient qu’un pour cent des biens.

Les femmes composent la majorité des travailleurs ayant un emploi précaire ou relevant de l’économie informelle. Elles constituent en outre près de la moitié des migrants du monde et de plus en plus de femmes sont victimes de la traite des êtres humains. Selon les estimations de l’OIT, 18,7 millions de femmes ont perdu leur emploi en 2009 à cause de la crise financière.

Gladys Branche, du Congrès du travail de la Sierra Leone, a appelé les délégués à signer des cartes postales pour marquer leur soutien à la campagne de l’UNIFEM – le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme – « Dites NON – Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes ».

« La violence touche tout le monde et des millions de femmes sur la terre. La violence se propage dans toutes les classes et entrave les droits des femmes de participer pleinement à la société. La violence est un crime contre les femmes », a-t-elle déclaré.

Antonie de Jong, responsable du développement des programmes de proximité et des programmes commerciaux de l’UNIFEM, a fait remarquer que la fin des violences à l’égard des femmes et des filles a très justement été appelée « l’objectif manqué » des objectifs du Millénaire pour le développement et a expliqué combien il était important que les hommes et les garçons participent pour apporter un changement durable à ce problème.

Au travers de sa résolution, la Congrès engage la CSI, œuvrant de concert avec ses partenaires du groupement Global Unions et ses affiliées, à « intensifier la campagne Travail décent pour une vie décente pour les femmes dans le but de parvenir à une justice sociale et à l’égalité de genre sur les lieux de travail et au sein des syndicats, et à continuer la mobilisation en vue de syndiquer les travailleuses, notamment dans les ZFE et dans l’économie informelle, ainsi que les travailleuses domestiques, migrantes, rurales, jeunes ou autrement vulnérables ».

Les délégués au Congrès ont également souligné qu’en dépit de la féminisation des organisations affiliées de la CSI, atteignant maintenant 40 pour cent, et malgré les efforts réalisés pour améliorer la représentation des femmes dans leurs structures et leurs politiques, la pleine intégration des questions d’égalité entre hommes et femmes dans la prise de décisions, les politiques et les activités syndicales n’est toujours pas atteinte.

Les syndicats doivent être en première ligne de la bataille en faveur de l’égalité de genre et ils ont la responsabilité première de la réaliser sur les lieux de travail, dans leurs politiques leurs propres structures et dans la société.

- Résolution CSI sur l’égalité de genre (PDF)

Promouvoir et défendre les droits fondamentaux des travailleurs et des travailleuses

La résolution portant sur les droits syndicaux a été introduite par la vidéo de la CSI sur les assassinats scandaleux de syndicalistes et les attaques violentes dont ils ont été victimes en 2009*.

Agnes Jongerius, FNV (Pays-Bas), a ajouté qu’elle avait le triste devoir d’annoncer que « pendant que nous nous réunissions cette semaine pour le Congrès mondial de la CSI, trois autres camarades syndicaux étaient tués ». Il s’agissait d’un enseignant colombien et de deux Iraquiens.

Elle a rendu un hommage émouvant à Farzad Kamangar, l’enseignant exécuté en secret le dimanche 9 mai à la prison d’Evin, à Téhéran. Elle a du reste assuré que la FNV continuerait de travailler avec la CSI au nom de Mansour Osanloo qui menait une campagne pour augmenter les salaires et les conditions de travail des chauffeurs de bus iraniens et qui est actuellement détenu en tant que prisonnier politique à la prison d’Evin.

Maung Maung, FTUB (Birmanie), a parlé aux délégués des risques que les syndicalistes courent dans son pays pour organiser les travailleurs. « Si vous êtes pris, vous êtes au minimum condamné à sept ans de prison. L’un de mes collègues a été condamné à la prison à vie. »

Maung Maung a demandé aux organisations affiliées à la CSI de continuer de faire preuve de solidarité envers ses camarades syndicaux en Birmanie luttant pour obtenir des droits fondamentaux et une reconnaissance.

Ces dernières années, 43 syndicalistes ont été sauvagement assassinés au Guatemala. Noe Antonio Ramirez Portela, dirigeant syndical du SITRABI (Guatemala), a évoqué les conditions atroces des travailleurs des bananeraies et les attaques sauvages dont sont victimes les recruteurs syndicaux.

« Ce fruit que l’on exporte, la banane, a le goût du sang de nos camarades maltraités », a-t-il dit.

« Il y a 40 000 travailleuses et travailleurs de la côte sud du Guatemala qui ne sont pas organisés, a expliqué Noe Antonio Ramirez Portela. Ils quittent leur foyer à quatre heures du matin pour être emmenés en bus ou en camion jusqu’aux exploitations. Ils travaillent environ quotidiennement 12 heures pour ne gagner que sept ou huit dollars par jour. Les principales sociétés internationales ferment les exploitations où les travailleurs sont organisés et se déplacent vers des lieux où la main-d’œuvre ne l’est pas. »

En tant que responsable syndical, sa propre vie est en danger.

« Nous avons surmonté des obstacles considérables pour organiser ces travailleurs parce que dans ces fermes, des groupes paramilitaires empêchent les recruteurs syndicaux de rentrer. La plus grande difficulté pour nous, en tant que responsables syndicaux, ce sont les menaces de mort et le fait d’être surveillés. Le 23 septembre 2007, mon frère a été tué parce qu’il défendait les droits sacrés et fondamentaux des salariés. La CSI, l’UNI et d’autres organisations me soutiennent et c’est pour cela que j’ai survécu. Mais, grâce à dieu, nous sommes vivants et nous avons l’intention de continuer notre travail pour protéger les droits de ces personnes. »

Dans le monde industrialisé aussi, les droits de la main-d’œuvre sont bafoués comme dans le cas des travailleurs américains qui se battent pour la reconnaissance de leur droit d’organisation en vertu d’une loi sur la liberté syndicale.

« Aux États-Unis, la législation du travail est viciée. Elle ne protège pas les travailleurs, mais les entreprises », a déclaré Liz Shuler, de l’AFL-CIO (États-Unis). Pourtant, « nous sommes convaincus, qu’en fin de compte, nous parviendrons à faire appliquer la loi sur la liberté syndicale », a-t-elle conclu.
Agnes Jongerius a également évoqué le travail que mène la CSI avec ses organisations affiliées pour attirer l’attention du monde sur l’effroyable situation de douze travailleurs de l’usine de production de Foxconn, à Shenzhen, qui ont sauté d’un immeuble ou tenté de se suicider. Dix de ces jeunes migrants sont décédés et deux autres été grièvement blessés.
Le Congrès a affirmé que les droits des travailleurs et des travailleuses sont des droits humains et que la promotion et la défense des droits syndicaux fondamentaux sont, et doivent rester, une priorité de la CSI. Le droit de former des syndicats et d’y adhérer, le droit de négocier collectivement et celui d’entreprendre une action syndicale libre et autonome sont essentiels pour que tous les travailleurs et travailleuses puissent défendre et promouvoir leurs intérêts.

Soulignant le rôle essentiel de l’OIT, le Congrès a déploré et condamné les violations persistantes et répandues des droits fondamentaux des travailleurs.

Au moins 12,3 millions de personnes sont soumises à des formes modernes d’esclavage ou à d’autres types de travail forcé. Des efforts urgents sont nécessaires pour éradiquer la hausse de la traite des personnes et d’autres abus liés à la mondialisation.

Le Congrès a également mis en avant un programme d’action pour l’éradication du travail des enfants.

- Résolution CSI : promouvoir et défendre les droits fondamentaux des travailleurs/euses(PDF)

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Photo: Jacky Delorme