Grève nationale pour la paix en Colombie

photo: Twitter/CUTColombia

Des milliers de travailleurs sont descendus dans la rue hier en défense de l’accord de paix en Colombie. Ils répondaient à un appel à la grève nationale des syndicats contre des propositions législatives en débat au parlement qui, si elles sont votées, compromettront le processus de paix et accorderont des pouvoirs extraordinaires injustifiés au président Iván Duque.

« L’espoir des premières heures du processus de paix est en train de laisser la place à l’amertume. Rien que depuis 2018, plus de 500 défenseurs des droits de l’homme ont été assassinés dans un conflit qui continue de saigner à blanc les communautés les plus marginalisées du pays. Les actions du gouvernement du président Duque ont confisqué l’appropriation locale du processus de paix et semé la méfiance entre l’ensemble des parties », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

Récemment, les progrès vers la paix se sont considérablement ralentis, alors que les négociations avec l’Armée de libération nationale (ELN) sont dans une impasse. La Colombie reste le pays le plus inégalitaire du continent sud-américain, avec des niveaux de concentration foncière (concentration de la propriété terrienne aux mains de minorités fortunées) parmi les plus élevés au monde. Entre-temps, les droits de liberté syndicale et de négociation collective des citoyens sont fréquemment bafoués dans ce pays tristement réputé comme étant le plus dangereux du continent pour les syndicalistes. Et bien que ces questions soient reconnues comme des facteurs sous-jacents du conflit, l’actuel gouvernement a jusqu’ici rechigné à s’y attaquer.
Les syndicats avertissent que certains aspects du Plan national de développement actuellement en débat au parlement sont susceptibles d’aggraver la situation. Les réformes qu’il propose, notamment au plan du travail, de la fiscalité et des retraites, creuseraient les inégalités et augmenteraient le travail précaire. La portée excessive du Plan est aussi mise en évidence par les pouvoirs extraordinaires qu’il propose d’attribuer au président.

Une large coalition d’organisations de la société civile s’est ralliée à l’appel syndical à la grève nationale d’hier. Au niveau international, la Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA) a mobilisé ses affiliés dans le cadre d’actions de solidarité à travers la région, alors que la CSI a envoyé une lettre au gouvernement colombien où elle exhorte ce dernier à porter d’urgence son attention à ces questions.

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