Géorgie : La brebis galeuse de l’Europe en matière de droits des travailleurs

La Géorgie est en passe de devenir la brebis galeuse de l’Europe en matière de droits des travailleurs. Travailleurs et travailleuses contraints à des conditions de travail insalubres et dangereuses, militants syndicaux sommairement licenciés et dirigeants syndicaux persécutés et menacés ; c’est l’existence-même des organisations syndicales indépendantes qui se trouve menacée.

Ce vendredi 6 mai aura lieu à Bruxelles une audition sur le cas de la Géorgie. Cinquante personnes représentant des organisations syndicales et des ONG de toute l’Europe se réuniront pour débattre des problèmes graves que traverse la Géorgie en matière de droits humains et syndicaux.

« Il y a dix ans, dans les pays de l’ex Union soviétique, nous témoignions des mêmes brutalités antisyndicales que celles que nous voyons aujourd’hui en Géorgie », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

« Nous continuerons à soutenir la Confédération géorgienne des syndicats et n’hésiterons pas à recourir à tous les instruments internationaux et européens à notre portée pour combattre la politique antisyndicale du gouvernement géorgien. C’est ce que nous avons fait dans le cas du Bélarus et qui a conduit à l’exclusion de ce pays du SPG européen, en raison de violations des droits des travailleurs. Notre affiliée américaine AFL-CIO a d’ores et déjà engagé la procédure d’enquête du gouvernement des États-Unis concernant le respect des droits des travailleurs en Géorgie », a-t-elle ajouté.

Malgré maintes promesses faites à l’Organisation internationale du travail et au mépris flagrant des engagements internationaux pris par le pays, le gouvernement géorgien n’a adopté aucune mesure pour garantir le respect des droits syndicaux et des travailleurs dans le pays.

Alors qu’elle se targue de ses succès en termes de croissance économique, la Géorgie garde sous silence le nombre croissant de violations des droits humains et le mépris et la méconnaissance absolus à l’égard des enjeux liés à la santé et la sécurité, qui ont conduit à un nombre croissant de pertes en vies humaines. Les employeurs n’ont pas hésité à persécuter des travailleurs et travailleuses qui ont tenté d’établir des syndicats, invoquant, à cette fin, une disposition du code de travail moyenâgeux dont le gouvernement géorgien tire tant de vanité. La Géorgie a le triste privilège de figurer parmi les très rares pays du monde à être dépourvus d’une inspection du travail.

« Comment un gouvernement peut-il fouler aux pieds les droits fondamentaux des travailleurs – sur la liberté d’association et la négociation collective, la santé et la sécurité au travail – et s’attendre au succès des processus d’association avec l’Union européenne ? » se demande Irakli Petriashvili, président de la Confédération géorgienne des syndicats (GTUC). « Les décideurs européens ne doivent pas se méprendre sur le fait que derrière la façade démocratique se trouve un gouvernement déterminé à réduire à néant les valeurs démocratiques et les intérêts des travailleurs. Nous ne pouvons accepter l’insécurité croissante et l’absence de droits, ni le fait que des travailleuses et travailleurs risquent et perdent leur vie au travail et que les organisations qui les représentent sont attaquées par les autorités », a ajouté Petriashvili.

Quand et où ?
La réunion se tiendra dans un batiment de la CSC, Rue de Trèves 31, à Bruxelles, le 6 mai, de 11h00 à 17h30. Des dirigeants syndicaux de Géorgie seront présents et accorderont des interviews.

Contact :
Pour plus d’informations, prière de contacter Kristin Blom, CSI : +32 0487 38 44 91