Australie : Descente de police dans les bureaux syndicaux : un coup médiatique

La CSI a qualifié d’acte choquant la descente de la Police fédérale australienne dans les bureaux de l’Australian Workers’ Union de la part d’un gouvernement prétendument démocratique.

« Les médias avaient été avertis au préalable de ces descentes, vraisemblablement par le gouvernement, afin d’en maximiser le retentissement. Ces raids policiers portaient apparemment sur des allégations selon lesquelles le syndicat aurait fourni un soutien financier à un groupe communautaire progressiste “Get Up” ainsi qu’à des candidats politiques il y a plus de dix ans. Il s’agit d’un abus de pouvoir de la part d’un gouvernement à la traîne dans les sondages qui adopte une stratégie de dénigrement des syndicats pour tenter de redresser sa position précaire. Nous avons l’habitude de voir ce genre de tactiques dans des dictatures, mais pas dans des démocraties, » a déclaré la Secrétaire générale de la CSI, Sharan Burrow.

Sally McManus, Secrétaire de l’ACTU, l’organisation affiliée australienne de la CSI, a qualifié ces descentes de « scandaleux abus de pouvoir ».

Des douzaines d’officiers de la Police fédérale australienne ont participé aux raids qui se sont produits immédiatement après que le gouvernement eut réduit le budget de la Police fédérale australienne de 184 millions de dollars australiens, entraînant des réductions attendues dans la répression du crime organisé, de la corruption, des stupéfiants et de l’exploitation des enfants. Ces descentes ont été lancées à l’initiative de la « Registered Organisation Commission » du gouvernement, un organisme de réglementation, supposément neutre, des syndicats et des organisations patronales, créée il y a six mois.

Le directeur d’un autre organisme gouvernemental antisyndical, l’Australian Building and Construction Commission (ABCC), a été contraint de démissionner le mois dernier après avoir présenté une image trompeuse des lois du travail dans des exposés aux employeurs et il a été condamné à verser une amende au syndicat CFMEU. Quelques semaines à peine après sa nomination au mois d’août, le directeur adjoint de l’ABCC a démissionné pour se distancier du directeur de la Commission. L’un des actes les plus notoires de l’ABCC fut de menacer d’interdire aux entreprises de construction d’accéder aux contrats publics si celles-ci autorisaient les drapeaux syndicaux sur leurs chantiers. Les syndicats ont critiqué l’ABCC pour son « impact désastreux » sur la sécurité dans le secteur.

Dans les sondages d’opinion, le gouvernement conservateur d’Australie accuse un retard de huit pour cent sur le Parti travailliste actuellement dans l’opposition. Le parti conservateur est à la traîne dans les 20 dernières enquêtes.

« L’indice annuel de la CSI des droits dans le monde indique que plus de 50 pays se sont rendus coupables de restreindre l’espace démocratique, y compris le droit à la liberté d’association et de parole pour la société civile. Il s’agirait d’une tragique condamnation de la situation en Australie si elle devait être ajoutée à cette liste, » a déclaré Burrow.

For more information, please contact the ITUC Press Department on +32 2 224 03 52 or mail to: press@ituc-csi.org