Togo : la force du syndicat sont ses membres

Le SYNATRAZOFT (syndicat de la zone franche) a vu le jour tout récemment et a déjà plusieurs combats à son actif. L’organisation syndicale a largement promu les droits des femmes travailleuses, dont certaines occupent des positions de leadership. Katanga Tchilalo, membre du Comité exécutif, en est un exemple. La syndicaliste est consciente des enjeux particuliers que les pénibles conditions de travail représentent en particulier pour les femmes : maigres salaires, absence de déclaration à la Caisse de sécurité sociale, non-respect de normes de base en matière de sécurité sociale. « Les cas de fausses couches sont nombreux pour ces femmes qui travaillent debout des nuits entières, parfois en manipulant des machines qui vibrent », signale-t-elle.
Après des années de travail syndical autour de la zone franche, la présence syndicale se renforce aujourd’hui au sein des entreprises et le gouvernement a reconnu l’existence d’un syndicat dans la zone franche. Les employeurs, par contre, restent encore trop souvent réticents à discuter et à reconnaitre les syndicalistes et ils préfèrent discuter avec les délégués du personnel. Récemment, le syndicat a offert son appui à un groupe de 120 travailleurs, dont 3 syndicalistes, licenciés de la zone franche alors qu’ils avaient lancé une grève. Ils réclamaient un contrat de travail et le paiement des heures supplémentaires. Le dossier suit son cours au niveau de la justice togolaise. Dans l’ensemble, les travailleurs ont peur de perdre leur emploi et partant, de s’approcher du syndicat. Le SYNATRAZOFT œuvre pour leur rendre la confiance, en leur répétant que la force du syndicat augmente lorsque celui-ci a plus de membres.