Réunion régionale Afrique 2016 du Forum politique de l’UE sur le développement

Le Forum politique pour le développement (FPD) de l’UE, dialogue structuré entre la Commission européenne, les OSC et les pouvoirs publics locaux chargés du développement, a organisé sa réunion régionale pour l’Afrique à Dakar, les 3 et 4 octobre 2016. Une délégation syndicale assistait à la rencontre.

La délégation syndicale à la Réunion FPD Afrique à Dakar était composée de : Adrien Akouete (secrétaire général adjoint, CSI Afrique), Alex Nkosi (RSACD/CSI Afrique), Caroline Khamati Mugalla (EATUC), Tendai Kamanza (SATUCC), Anne Cécile Coly (UNSAS, Sénégal) et Joan Lanfranco (RSCD-CSI, membre du Groupe de travail FPD).

La réunion a commencé par une présentation de la structure du FPD, son action, les événements passés et ses publications, y compris le document de prise de position commune sur la pertinence des approches multipartites pour la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et les rapports du FPD sur les stratégies nationales en soutien à la mise en œuvre du Programme 2030 aux Pays-Bas et en Indonésie, auxquels les syndicats ont contribué. S’ensuivit une session de travail sur comment les OSC et les pouvoirs publics locaux africains peuvent influencer collectivement le nouveau programme de développement mondial à travers les prochains événements de haut niveau : La RHN2 du PMCED, Habitat III et la Conférence climatique sur les solutions à faibles émissions (COP22).

Une session sur l’environnement favorable à la mise en œuvre du Programme 2030 a permis le partage de perspectives entre les parties prenantes sur le rôle et l’expérience de l’Afrique dans la mise en œuvre des ODD. La délégation syndicale a partagé son expérience du travail décent et du dialogue social en tant que moyen de mise en œuvre du Programme 2030 et vecteur de stabilité, de résilience et de progrès social et économique. Alex Nkosi a aussi dénoncé comment l’évitement des impôts, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites empêchent les pays africains de financer leurs priorités de développement. Il a également été noté par les participants que le concept-même d’environnement favorable a une signification différente pour les OSC, les pouvoirs publics locaux et le secteur privé.

Les participants répartis en groupes de travail ont discuté des facteurs qui facilitent ou empêchent la mise en œuvre de l’Agenda 2030 au niveau des pays. Parmi les facteurs favorables, les groupes ont convenu des opportunités qu’offrent les ODD aux OSC pour accéder à la prise de décision politique et ont relevé comment les OSC peuvent fournir une expérience et des données utiles aux gouvernements. Étant donné que des indicateurs peuvent être mis au point au niveau régional, il reste possible d’influencer le programme et d’harmoniser le Programme 2030 avec la Vision à l’horizon 2063 de l’Union Africaine.

La deuxième journée a commencé par une discussion-débat avec la Commission européenne et diverses parties prenantes sur les principaux éléments qui définiront la relation future entre l’Afrique et l’UE, notamment à la suite de la révision de l’Accord de partenariat de Cotonou après 2020. Anne Cécile Coly, de l’Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal (UNSAS), a passé en revue les priorités syndicales pour le prochain cadre, à savoir la reconnaissance du travail décent et la valeur du dialogue social et de la participation de la société civile dans le nouveau cadre. Madame Coly a mis en exergue le défi du travail informel et ses conséquences en termes d’inégalités et de manque de protection sociale pour les travailleurs et leurs familles. Lisez la retranscription intégrale de son intervention ici. La session était suivie de groupes de travail qui ont discuté d’approches pour améliorer la coopération entre l’Afrique et l’UE.

Une dernière session était consacrée à la question proéminente de la fragilité et de la migration, qui figure au sommet de l’ordre du jour à la fois de l’UE et de l’Afrique. Cette session s’est basée sur des exemples concrets pour s’attaquer aux thèmes de la fragilité, de la résilience, des négociations de paix et de la migration. Les syndicats ont une fois de plus réitéré l’importance du travail décent et du dialogue social en tant qu’outils pour améliorer les moyens de subsistance et le développement régional et insisté sur le fait qu’un rôle accru du secteur privé dans le développement doit avoir pour contrepartie une responsabilité accrue au regard du respect des droits humains et des travailleurs fondamentaux. Caroline Khamati Mugalla a attiré l’attention sur le fait qu’à l’heure actuelle en Afrique de l’Est, les envois d’argent de la diaspora dépassent la valeur de l’APD et que cela implique qu’une représentation accrue des migrants soit requise sur les enjeux du développement.

Lisez le rapport officiel et les conclusions et recommandations de la réunion.

La réunion FPD Afrique était suivie d’une rencontre du Groupe de travail FPD qui a discuté des prochaines réunions du Forum en 2017. La prochaine Réunion mondiale du FPD se déroulera à Bruxelles, les 22-23 mars 2017. Deux domaines politiques majeurs figureront à l’ordre du jour : 1) Migration, emploi et jeunes, et 2) Crise, fragilité et résilience. La Commission européenne organisera également un Forum de partenariat en mai/juin 2017, pour présenter les différentes initiatives de partenariat entre l’UE, les OSC et les pouvoirs publics locaux.

Pour plus d’informations sur les syndicats et le Forum politique pour le développement, prière de contacter Joan Lanfranco, joan.lanfranco@ituc-csi.org