Renforcer le pouvoir des travailleurs et des travailleuses pour changer les règles

Les campagnes « Nouveaux fronts » et quatre piliers d’action définissent la voie à suivre par la CSI de 2018 à 2022

Le Congrès mondial de la CSI à Copenhague nous a confié un mandat ambitieux reposant sur quatre piliers pour élaborer nos plans stratégiques pour les quatre prochaines années. Organiser pour renforcer le pouvoir des travailleurs et des travailleuses est essentiel à la réussite et, au vu de l’objectif de croissance de dix pour cent, nous sommes déterminés à élargir le mouvement syndical.

Les syndicats se trouvent en première ligne d’une lutte pour revendiquer les droits et libertés démocratiques face à la cupidité des entreprises à laquelle sont soumis les gouvernements de manière à porter atteinte aux droits et aux intérêt des citoyens. Nous avons besoin d’un nouveau contrat social entre gouvernements, travailleurs/euses et entreprises afin de restaurer la confiance dans la mesure où les citoyens perdent leur espoir en la démocratie, et nous devons stopper la planète terre grâce à des actions ambitieuses pour lutter contre le changement climatique.

Nous ne laisserons personne pour compte

Les femmes, les travailleurs/euses migrants, de l’économie informelle, ainsi que d’autres travailleurs/euses marginalisés ou discriminés – tous ceux et celles qui sont exploités dans une course sans fin au profit doivent être au coeur de nos efforts. Sans sécurité et sans espoir, nombre de nos citoyens sont attirés par les fausses promesses de l’extrême droite.

Résumé du plan stratégique de la CSI 2018-2022: quatre piliers d’action, domaines thématiques et objectifs

Pilier La paix, la démocratie et les droits
Domaines thématiques Pays à risque La migration et l’esclavage La paix et le désarmement
Objectifs 1. Récupérer l’espace démocratique.

2. Mettre en place une garantie universelle pour les travailleurs.
1. Éliminer l’esclavage.

2. Les droits pour les travailleurs/euses migrants.
1. Entrée en vigueur du Traité des Nations unies sur l’interdiction des armes nucléaires.

2. Reconnaissance du rôle des syndicats dans la consolidation de la paix.
Pilier La réglementation du pouvoir économique
Domaines thématiques L’emploi, la prospérité partagée Le pouvoir des entreprises Le multilatéralisme
Objectifs 1. Un nouveau contrat social comportant un socle de garantie pour les travailleurs.

2. Une norme pour les entreprises numériques.

3. Une fiscalité équitable et des services publics.
1. Traité des Nations unies sur les entreprises et les droits humains.

2. Une diligence raisonnable obligatoire à l’échelle nationale et un accès à des voies de recours.

3. Une Convention de l’OIT sur les chaînes d’approvisionnement.

4. Un nouveau contrat social.
1. Des réformes multilatérales, les droits du travail et la participation syndicale.
Pilier L’égalité
Domaines thématiques L’intégration économique des femmes L’organisation contre la discrimination et l’exclusion
Objectifs 1. L’égalité de participation des femmes au marché du travail.

2. L’éradication de la violence et du harcèlement dans le monde du travail.
1. L’accroissement de la représentation des travailleurs/euses marginalisés au sein des syndicats.
Pilier Les transformations à l’échelle mondiale – des transitions justes
Domaines thématiques La transformation industrielle et une transition juste – le climat La transformation industrielle – l’avenir du travail
Objectifs 1. Une transition juste pour l’ambition climatique moyennant la participation/représentation syndicale à l’élaboration des projets nationaux pour le climat. 1. Une norme internationale relative à la gouvernance des entreprises-plateformes numériques.

2. La protection contre la surveillance et le contrôle des données par les travailleurs/euses.

3. Les règles fiscales relatives aux entreprises numériques.

Campagnes « Nouveaux fronts »

Bien que les quatre piliers et les dix domaines thématiques de travail se trouvent au coeur de nos activités, nous organisons également trois campagnes « Nouveaux fronts » portant sur les principaux éléments de l’ensemble des objectifs.

Des démocraties pour les citoyens: changer les règles

Les citoyens sur tous les continents perdent confiance en la démocratie, de sorte que nous devons réclamer des engagements politiques afin de redéfinir les responsabilités fondamentales des gouvernements pour restaurer cette confiance. Les gouvernements doivent rendre des comptes des résultats sociaux et économiques, notamment des conditions de vie assurant un emploi, une sécurité d’emploi, des salaires décents et une protection sociale. Ils doivent être tenus responsables des règles équitables d’imposition qui soutiennent des services publics de qualité, des droits humains et du travail, de l’environnement et bien davantage. Comme plus d’un tiers de la population mondiale participera à des élections nationales cette année, il est temps de défier les partis progressistes pour qu’ils réexaminent les règles et les pratiques afin qu’elles garantissent que la vie et les moyens d’existence de la population sont fondamentaux.

Un nouveau contrat social

Les travailleurs et les travailleuses réclament un nouveau contrat social comportant un socle de garantie universelle pour les travailleurs, comme le recommande le rapport de la Commission de l’OIT sur l’avenir du travail.

Aucun travailleur ne doit être laissé pour compte car son employeur choisit d’adopter un modèle commercial qui occulte sa responsabilité en matière de travail, facilite l’exploitation par le travail ou permet d’éviter l’État de droit dans la mesure où les travailleurs/euses sont obligés de travailler dans l’économie informelle.

Un nouveau contrat social comporte:

  • une protection sociale universelle;
  • les droits fondamentaux, notamment la santé et la sécurité au travail (SST);
  • des salaires minimums vitaux;
  • une fiscalité équitable et des services publics essentiels;
  • l’égalité de participation des femmes, ainsi que l’égalité de rémunération;
  • la maîtrise du temps; et
  • des transitions justes pour le climat et la technologie.

Tous ces éléments et bien davantage doivent faire partie d’un nouveau contrat social.

Une transition juste – la voie de l’ambition climatique

La crise climatique touche désormais tous les continents et les engagements actuels pris par les gouvernements ne permettront pas de stabiliser la planète. L’Accord de Paris a fixé l’année 2020 comme délai de révision lorsque tous les pays devront renouveler leurs contributions au développement national. Un niveau d’ambition plus élevé est essentiel, mais, tant sur le lieu de travail qu’au niveau sectoriel et du gouvernement, des mesures pour une transition juste sont fondamentales pour obtenir la confiance de la population, constituant dès lors la seule voie d’un niveau d’ambition élevé.

L’année 2019 est une année déterminante pour la campagne de la CSI et de ses organisations affiliées. Plusieurs dates clefs ont été fixées pour notre mobilisation. Nos lieux de travail doivent être « à l’épreuve du climat ». Nous espérons que tous les lieux de travail inviteront leurs employeurs, durant la dernière semaine de juin, à se réunir avec les travailleurs/euses afin de débattre de leurs plans pour parvenir à l’objectif de « zéro émission » et des mesures pour une transition juste afin de protéger l’emploi.

Le secrétaire général de l’ONU a convoqué un Sommet sur le climat en septembre et nous organiserons une marche, le 22 septembre, en faveur d’une transition juste et d’un niveau élevé d’ambition, non seulement à New York mais dans le monde entier. Les étudiants nous montrent la voie à suivre. À la fin de l’année au Chili, les représentants syndicaux du monde entier assisteront à la Conférence COP 25 sur le climat pour demander à nos gouvernements de rendre des comptes.

Se mettre au travail

Nos trois campagnes « Nouveaux fronts » et les quatre piliers d’action constituent un excellent programme de travail. Nos aspirations à un monde juste peuvent être réalisées. En collaboration avec les organisations affiliées et les Fédérations syndicales internationales, nous pouvons engager les membres des syndicats aux quatre coins du monde et démontrer que le pouvoir des travailleurs et des travailleuses peut changer les règles.

Sharan Burrow, ITUC General Secretary