Madagascar: Campagne pour la syndicalisation dans les entreprises franches

Du 9 au 11 novembre 2011, la CSI a organisé avec la CSI Afrique et ses 4 organisations affiliées à Madagascar (FISEMA, USAM, SEKRIMA et FMM) un séminaire pour renforcer la syndicalisation des travailleurs/ses des entreprises franches.

Une étude menée par les syndicats malgaches a mis en évidence l’existence de syndicats dans pas moins de 61 entreprises franches, majoritairement dans le secteur textile. Néanmoins, l’affiliation aux syndicats y reste limitée, totalisant 10,9% des travailleurs (en majorité des femmes) alors qu’une seule convention collective est enregistrée. Dans des dizaines d’entreprises franches, la présence syndicale est également absente.

Largement couvert par les médias locaux, ce séminaire a regroupé le leadership des 4 centrales syndicales, ainsi que les dirigeantes de leurs commissions des femmes et des leaders syndicaux des entreprises franches. Cette activité largement participative a permis de soulever les graves problèmes que connaissent au quotidien les travailleurs/ses: salaires inférieurs au coût de la vie ; objectifs extrêmement élevés de production fixés unilatéralement par les employeurs; non-respect de la législation en matière d’heures supplémentaires; absence de versement des cotisations à la Caisse de sécurité sociale; problèmes de santé et de sécurité au travail et maladies professionnelles non reconnues par la médecine du travail. Les travailleurs se plaignent aussi fréquemment de la méconnaissance des contrats de travail, d’ailleurs signés sous pression et dans l’urgence alors qu’ils n’en reçoivent pas la copie. Etant souvent à durée déterminée, ces contrats rendent le travail encore plus précaire alors que les licenciements abusifs sont fréquents, notamment pour les femmes enceintes. La pression sur les syndicalistes est également constante.

La campagne lancée à l’occasion de ce séminaire prévoit d’augmenter significativement le nombre d’affiliés aux syndicats de 5.000 à 50.000 et d’en assurer une meilleure défense. Sur le plan de la négociation collective, les confédérations syndicales militent aujourd’hui pour une convention collective de branche.

En conclusion, les participants ont également lancé un appel au dialogue social. L’actuelle crise politique, qui a d’ailleurs motivé la suspension de l’AGOA et entrainé la perte de centaines d’emplois, a aussi mis à mal le tripartisme. Même s’il s’est maintenu entre syndicats et employeurs, le dialogue social sur le plan tripartite permettrait de replacer l’emploi décent au cœur des politiques, dont celles liées aux entreprises franches. Il s’agit là d’une des revendications des centrales syndicales malgaches. Sharan Burrow, Secrétaire générale de la CSI, s’est adressée aux participants en leur confirmant l’appui de la CSI à cette ambitieuse campagne de recrutement.