Les nouvelles lois « FIFA » dépouillent de leurs droits les travailleurs de la Coupe du monde en Russie

La CSI soutient ses affiliées russes FNPR et KTR en s’opposant aux dérogations au code du travail national dans le cadre de la Coupe du monde de 2018. Celles-ci priveraient des dizaines de milliers de travailleurs russes et migrants de protections légales essentielles concernant le temps de travail, les heures supplémentaires et leur rémunération, le travail de week-end et de nuit et diverses autres normes.

La législation adoptée cet été par la Douma russe serait applicable jusqu’à la fin de 2018 et permettrait de fait à la FIFA et à ses partenaires, y compris les entreprises russes et multinationales, d’établir des conditions de travail en dehors du cadre du droit national.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI a déclaré : « La Coupe du monde devient tristement célèbre pour son exploitation des travailleurs au Qatar, au Brésil et à présent en Russie, avec cette nouvelle législation inédite. Le cas russe entre en contradiction avec les assertions du président de la FIFA Sepp Blatter la semaine dernière selon lesquelles « la FIFA ne peut s’ingérer dans les droits des travailleurs d’aucun pays ». Les gouvernements doivent tenir tête aux intérêts privés qui dégagent des profits colossaux de la Coupe du monde, au grand détriment des travailleuses et travailleurs locaux et de la communauté. La FIFA, elle-même, doit assumer sa part de responsabilité en s’assurant que les personnes qui fournissent ses installations et ses services soient protégées et non exploitées.

Alors que plusieurs ouvriers de la construction ont déjà perdu leur vie sur les chantiers de nouveaux stades à Saint-Pétersbourg et à Kazan, les syndicats russes craignent que la suppression de protections des travailleurs n’entraîne une aggravation de l’exploitation et une augmentation du nombre de travailleurs morts et blessés au travail. En 2012, à la suite d’un audit réalisé à la demande du procureur général du Tatarstan, la moitié environ des 50 sous-traitants engagés sur le site de Kazan ont été sanctionnés pour avoir négligé de fournir des équipements de protection et des formations en santé et sécurité à leurs personnels. Selon les médias, trois travailleurs sont morts et plusieurs autres ont été blessés en construisant le stade de Saint-Pétersbourg, alors que l’inspection du travail a enregistré deux morts à Kazan.

Au Brésil, la présidente Dilma Rousseff est intervenue pour mettre son véto à une disposition de la « législation sur la Coupe du monde » de 2014 qui aurait exclu du champ d’application de la loi la rémunération des « bénévoles ». « Le fairplay, lorsqu’il se limite aux 90 minutes d’une partie de foot, ne suffit pas. Il incombe à la FIFA et à ses Comités organisateurs nationaux de la Coupe du monde de garantir des conditions justes et équitables aux personnes qui mènent à bien cet événement sportif emblématique », a dit Sharan Burrow.

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