Le président coréen Moon appelé à mettre fin aux abus de Samsung au Vietnam

La Confédération syndicale internationale a inscrit les menaces contre les travailleurs et les militants syndicaux dans les usines Samsung au Vietnam au sommet de l’agenda de la prochaine visite du président Moon Jae-in dans ce pays.

Dans une lettre adressée au leader coréen, Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a souligné les risques pour les droits humains et syndicaux sur les sites de production de Samsung et appelé instamment le président à intercéder auprès du management de Samsung en Corée et au Vietnam afin de remédier aux griefs et d’assurer que l’entreprise fasse preuve de diligence raisonnable en matière de droits humains eu égard à ses filiales et à ses fournisseurs.

« Le bilan de Samsung au plan des violations des droits humains et du travail a été dénoncé dans pratiquement tous les pays où cette firme est implantée. Qu’il s’agisse de la dissimulation, sous prétexte du « secret industriel », de noms de produits chimiques entraînant des maladies professionnelles voire la mort de travailleurs, ou de sa politique d’exclusion des syndicats à travers l’ensemble de son industrie électronique en Asie, Samsung s’appuie sur un modèle d’entreprise dévoyé », a déclaré Sharan Burrow.

La pression sur les opérations de Samsung au Vietnam n’a cessé de s’intensifier depuis que des preuves ont émergé du Research Centre for Gender, Family, Environment and Development (CGFED), basé à Hanoi, et de l’IPEN, un réseau international d’ONG de l’environnement et de la santé qui œuvrent à la réduction et l’élimination des produits chimiques dangereux, qui démontrent que les travailleurs n’ont pas reçu d’instructions pour se protéger des produits chimiques intervenant dans la fabrication des téléphones portables.

Des jeunes femmes travaillant dans des usines Samsung se sont plaintes de divers symptômes associés à l’exposition aux produits chimiques toxiques, dont l’évanouissement, l’épuisement et des fausses couches.

Pas plus tard que cette semaine, des experts des droits de l’homme de l’ONU ont exprimé leur préoccupation concernant le harcèlement et l’intimidation de travailleurs qui s’ouvraient de leurs conditions de travail. Des travailleurs ont été sommés de comparaître devant des autorités gouvernementales et menacés de poursuites judiciaires.

Samsung Electronics est le principal investisseur étranger au Vietnam où la firme emploie près de 137.000 travailleurs dans deux usines qui, ensemble, couvrent 50% de la production de téléphones portables Samsung.

« Le leadership du président Moon et son engagement pour les droits de l’homme et des travailleurs sont critiques pour garantir le respect des droits de millions de travailleurs dans la région qui produisent des biens et fournissent des services pour le compte d’entreprises multinationales », a déclaré Sharan Burrow.

Le rapport de la CSI, Technologie moderne, conditions de travail médiévales, reconstitue le scandale des opérations globales de Samsung, du Brésil à la Corée, et un documentaire multimédias lève le voile sur les conditions de travail qui sévissent dans la chaîne d’approvisionnement de Samsung en Indonésie et aux Philippines www.samsungexposed.org.

La visite officielle du président Moon au Vietnam a pour but de promouvoir la « New Southern Policy » (Nouvelle politique du Sud) de son administration, une stratégie économique régionale qui vise à renforcer les liens entre la Corée et les pays de l’ASEAN.

« Le président coréen a, à maintes reprises, affirmé son engagement à ratifier les conventions fondamentales de l’OIT et à donner suite aux recommandations de la Commission nationale des droits de l’homme. La « Nouvelle politique du Sud » devrait être centrée non seulement sur la construction de liens économiques avec l’Asie du Sud-Est mais devrait également renfermer des engagements visant au respect des droits humains, a fortiori s’agissant de la conduite des entreprises coréennes », a indiqué madame Burrow.

Pour lire la lettre de la CSI au président Moon