La nouvelle décision de l’agence des Nations unies concernant le travail forcé met en garde les entreprises qui font du commerce avec le Qatar.

L’OIT demande au Qatar de réformer sa législation afin de mettre un terme au travail forcé et de permettre aux travailleurs et travailleuses de former des syndicats.

L’Organisation internationale du travail (OIT) a vivement critiqué le Qatar pour son recours au travail forcé et a appelé à de majeures réformes de la législation du travail, notamment des changements urgents du système de travail de la kafala (parrainage), à la garantie des droits des travailleurs/euses domestiques et au respect des lois internationales permettant aux travailleurs/euses migrants de s’affilier à un syndicat et de négocier collectivement des salaires décents et une protection au travail.

Les décisions ont été approuvées par le Conseil d’administration de l’OIT à Genève, à l’issue de sa dernière session tenue le vendredi 28 mars.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré « Les critiques formulées par l’OIT à l’égard du Qatar sont particulièrement sévères et confirment l’absence consternante des protections juridiques les plus fondamentales de la main-d’œuvre migrante exploitée au Qatar. Les dirigeants du Qatar doivent mettre un terme à leur système d’esclavage moderne et accepter que leur législation du travail obsolète et répressive soit modifiée. »

« La décision prise par l’OIT prévient les entreprises que faire du commerce avec le Qatar va à l’encontre des lois internationales. Tant que le Qatar n’aura pas mis sa législation en conformité avec les normes internationales, les entreprises s’exposent aux risques juridiques et de réputation liés au recours au travail forcé au Qatar. »
De nouvelles informations fournies par les ambassades népalaise et indienne au Qatar révèlent que:

-  36 travailleurs indiens et népalais sont décédés en février 2014;

-  26 travailleurs indiens supplémentaires sont décédés en mars;

-  350 travailleurs népalais et 166 travailleurs indiens demeurent bloqués dans le tristement célèbre « centre de refoulement » des migrants à Doha.

L’OIT a relevé le problème généralisé du non-paiement des salaires aux travailleurs/euses migrants, des employeurs qui confisquent les passeports des travailleurs, l’absence de pénalités en cas de travail forcé, l’inexistence de sanctions imposées aux agents de migration peu scrupuleux et la réglementation insuffisante en matière de santé et de sécurité au travail, de temps de travail, d’heures supplémentaires, de temps de repos et de salaires.

L’OIT a également exhorté le Qatar à mettre en place de toute urgence une protection pour les travailleurs/euses domestiques, dont la grande majorité sont des femmes ne bénéficiant d’aucune protection contre l’exploitation et les abus sexuels.

« Les pratiques en matière de travail du Qatar sont soumises à un examen international, dans la mesure où le pays accueillera la Coupe du monde en 2022. Le Comité exécutif de la FIFA a indiqué, la semaine dernière, qu’il se rendra au Qatar pour continuer de dialoguer avec les autorités. Suite à cette nouvelle décision de l’OIT, des pressions juridiques et politiques internationales continueront d’être exercées sur le Qatar pour qu’il procède à une réforme », a indiqué Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

La CSI a appelé la FIFA à subordonner l’organisation de la Coupe du monde en 2022 par le Qatar à la liberté syndicale et à l’abolition de la kafala.

Les principales conclusions adoptées par le Conseil d’administration de l’OIT à Genève, la semaine dernière, sont les suivantes:

• Le soutien à la réclamation adressée par la CSI et l’Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois (IBB) concernant le droit des travailleurs/euses migrants d’adhérer à un syndicat et de négocier collectivement au Qatar. Le Comité de la liberté syndicale tripartite de l’OIT ne laisse subsister aucun doute à l’égard des violations par le Qatar des normes fondamentales du travail, que tous les États membres de l’OIT sont tenus de respecter et d’appliquer; et

• Les critiques sévères à l’égard de la question du travail forcé, fondées sur les conclusions d’un comité composé de trois personnes, à savoir un membre gouvernemental de Chine, un membre employeur des EAU et d’une membre travailleuse du Népal.

• Le Qatar doit faire rapport à l’OIT d’ici novembre 2014 sur les progrès réalisés concernant la réforme de la législation du travail.

Pour tout entretien avec Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, veuillez contacter Gemma Swart au +32 479 06 41 63, [email protected]

Pour lire le rapport de l’OIT sur la liberté syndicale au Qatar

Pour lire le rapport de l’OIT sur le travail forcé au Qatar