Inde : la destruction des protections des travailleurs suscite une vague de soutien internationale en faveur des syndicats indiens

La CSI a délivré une lettre de protestation à l’ambassade de l’Inde à Bruxelles dénonçant les plans de réforme du gouvernement Modi qui visent à vider de sa substance la législation du travail indienne, laissant les travailleurs exposés à l’exploitation et les privant de leurs droits.

Quelque 200 millions de travailleurs se sont mobilisés dans le cadre d’un mouvement de grève national les 8 et 9 janvier, contre le plan de réforme du gouvernement. Celui-ci prévoit l’exclusion de dizaines de milliers de travailleurs du champ d’application du code du travail, l’imposition de restrictions drastiques sur les droits d’organisation et de négociation collective des travailleurs, l’exposition des travailleurs à des temps de travail excessifs et le licenciement sans possibilité de recours approprié, outre l’affaiblissement des lois visant à l’éradication du travail des enfants.

« Le Premier ministre Modi est en train de convertir le code du travail indien en un chèque en blanc pour les multinationales et les plus grosses fortunes de l’Inde. Aucun gouvernement qui se respecte ne devrait permettre à la Chambre du commerce des États-Unis et à d’autres lobbies de tenir la plume qui rédige les lois censées protéger les travailleurs. Si M. Modi n’est pas disposé à gouverner dans l’intérêt du peuple indien, alors il est temps qu’il parte. À l’heure où 1 % de la population contrôle près de 60 % de la richesse nationale, l’Inde se classe déjà parmi les pays les plus inégaux du monde et ces lois ne feraient que creuser encore plus ce gouffre », a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

À la suite de la grève nationale de janvier, les dix principales centrales syndicales indiennes, dont les trois affiliés de la CSI – INTUC, HMS et SEWA – se sont engagées à mener une lutte concertée pour battre le gouvernement Modi aux prochains élections générales, à moins que le gouvernement ne renonce à ses plans et n’engage des pourparlers constructifs à propos de réformes qui amélioreraient réellement la situation des travailleurs indiens en s’attaquant concrètement au chômage et en garantissant un salaire minimum national de 250 USD par mois.