FIFA - Mondial 2026, un nouveau test au plan des droits humains

photo: Adobestock

L’attribution par la FIFA de la Coupe du monde 2026 à la candidature « unie » du Canada, du Mexique et des États-Unis vient une fois de plus mettre à l’épreuve l’instance de gouvernance internationale du football sur ses engagements en matière de droits humains, avec l’inclusion d’obligations contraignantes dans le processus de candidature, y compris les normes du travail.

La réunion des représentants de la FIFA en Russie, le 13 juin, a accordé sa préférence à la candidature Unie devant celle du Maroc.
L’Indice CSI des droits dans le monde 2018, qui évalue les pays sur la base de leur protection des droits humains, accorde aux pays de la candidature Unie les classements suivants : 2 pour le Canada (violations réitérées des droits), 4 pour les États-Unis (violations systématiques des droits) et 5 pour le Mexique (les droits ne sont pas garantis). Ceci soulève de nombreuses questions quant à la manière dont les organisateurs de l’événement répondront aux violations des droits des travailleurs durant la phase préparatoire, ainsi qu’au cours de la Coupe du monde. Les conditions de la FIFA ne sont pas limitées aux normes du travail et incluent un éventail ample de droits humains internationalement reconnus, tels que la liberté d’expression, la non-discrimination et les droits des enfants.

« Aucun de ces trois pays hôtes ne présente un bilan irréprochable au plan des droits des travailleurs, quant au Mexique et aux États-Unis, ils affichent des résultats médiocres dans l’Indice de la CSI. La CSI œuvrera aux côtés des organisations du groupement Global Unions et des ONG partenaires dans le cadre de la Sports and Rights Alliance (SRA), ainsi qu’à travers le nouveau centre pour le sport et les droits humains qui sera lancé fin juin », a indiqué Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI. « Avec le lancement du nouveau centre indépendant et l’inclusion, au nombre des critères d’éligibilité des compétitions sportives de portée mondiale, de normes contraignantes et à force exécutoire relatives aux droits des travailleurs et autres droits humains, nous disposons désormais de la marche à suivre pour éradiquer l’exploitation qui a coûté tant de vies et a gravement terni l’image de l’industrie des sports. »

« Alors que les engagements récents de la FIFA dénotent un certain progrès, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Par exemple, la politique du gouvernement iranien interdisant aux femmes d’assister aux matchs des équipes masculines de football, qui enfreint les statuts de la FIFA et sa politique en matière de droits humains. »

Le directeur du stade de football Azadi, à Téhéran, a proclamé que les femmes, accompagnées de leur cellule familiale, seraient autorisées à accéder aux stades pour assister aux retransmissions en direct des matchs que disputera l’Iran au cours de la Coupe du monde. Cependant, l’interdiction d’accès aux matchs en direct reste en vigueur.

Pour accéder à la pétition contre l’interdiction des spectatrices en Iran, cliquez ici

Les conditions d’éligibilité de la FIFA afférentes à la candidature pour la Coupe du monde 2026 incluent :

« Les associations membres candidates doivent également présenter des engagements et fournir des informations spécifiques concernant les droits de l’homme et des travailleurs, dont :

  • un engagement public clair à respecter tous les droits de l’homme internationalement reconnus, notamment énoncés dans les Principes directeurs relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme des Nations Unies ;
  • une proposition de stratégie quant à la manière d’identifier et de traiter les incidences négatives sur les droits de l’homme et des travailleurs. Cette stratégie doit comprendre :
  • un rapport exhaustif identifiant et évaluant les risques d’incidences négatives sur les droits de l’homme et des travailleurs, basé sur une étude réalisée par une institution spécialisée indépendante et placée dans le contexte du pays concerné ;
  • des mécanismes à mettre en place afin de traiter tous les risques identifiés de non-respect des droits de l’homme ;
  • un concept précisant la façon dont les associations membres entendent remédier – ou coopérer afin de remédier – aux incidences négatives éventuelles sur les droits de l’homme.
  • des garanties de se conformer aux droits de l’homme et des travailleurs internationalement reconnus de la part du gouvernement, des villes hôtes ainsi que des entités chargées de la construction et de la rénovation des stades, des sites d’entraînement, des hôtels et des aéroports. »