En Jordanie, des formations mènent à une convention collective et à de nouveaux membres

La Fédération générale des syndicats jordaniens et le Conseil LO/FTF du Danemark travaillent de concert à l’amélioration des politiques et de la législation affectant les travailleurs jordaniens, notamment en matière de droits et de conditions de travail. Dans le cadre de ce travail, une série d’ateliers a été organisée entre la mi-2016 et le début de l’année 2017 dans le but d’améliorer les compétences des syndicalistes et de les sensibiliser.

Par Mohamed Hassan et Lene Frøslev - photos de Mohamed Hassan

L’approfondissement par les délégués syndicaux des connaissances en matière de droits des travailleurs et de dialogue social s’est traduit par des salaires plus élevés, une meilleure compréhension des syndicats et une meilleure confiance en soi. Les ateliers ont également mené à la signature d’une nouvelle convention collective, à l’adhésion de douzaines de nouveaux membres syndicaux et à une sensibilisation accrue.

86 leaders de la Fédération générale des syndicats jordaniens ont assisté à des ateliers sur les droits des travailleurs et le dialogue social. Une douzaine de travailleurs ont également assisté à des ateliers locaux organisés en parallèle, où ils en ont appris davantage sur leurs droits au travail.

Ahmed Al Ryati, un ancien délégué syndical de 46 ans à la compagnie des eaux dans le port d’Aqaba, figurait parmi eux. Grâce aux connaissances acquises lors des séances de formation, lui et ses collègues ont réussi à obtenir la première convention collective de la compagnie.

La signature de la convention collective a entraîné des améliorations significatives pour les 450 employés de la compagnie. Près de la moitié d’entre eux ont immédiatement été promus ou ont obtenu des augmentations salariales. Tous les cinq ans, tous les employés recevront une promotion accompagnée d’une augmentation de salaire de 5 pour cent. En outre, tous les employés recevront une allocation de logement et un mois de salaire supplémentaire à titre de bonus annuel.

« J’ai appris à mettre en œuvre un dialogue social et à négocier avec le Conseil d’administration. Notre relation avec le Conseil d’administration s’est améliorée et nous avons réussi à traiter les problèmes des travailleurs en qualité de partenaires stratégiques plutôt que de contreparties, » déclare Ahmed Al Ryati.

Des connaissances qui attirent davantage de membres

Après avoir participé aux ateliers, Ahmed Al Ryati a partagé ses connaissances avec une douzaine de ses collègues au cours d’une formation locale à la compagnie des eaux à Aqaba. C’est de cette façon que de nombreux nouveaux employés en ont appris davantage sur leurs droits et l’importance que revêt l’appartenance à un syndicat. À la fin de l’atelier, ils étaient tous devenus membres du syndicat.

Capacité d’action

Plusieurs autres participants racontent des histoires similaires. Certaines syndicalistes expliquent la façon dont ces connaissances qu’elles ont acquises ainsi que les résultats tangibles dont elles ont été témoins ont produit un sentiment de capacité d’agir.

« Dans le passé, les femmes restaient généralement à l’arrière-plan et ne s’intéressaient pas au travail syndical. Depuis les ateliers locaux sur les lieux de travail, tout cela a changé et mes deux collègues féminines et moi avons pris conscience que les femmes sont capables de participer activement au travail syndical, » déclare Manal Khrisa. À 31 ans, elle est l’une des plus jeunes membres de la Centrale syndicale des travailleurs de l’électricité.

Randa Al-Khaldi met également l’accent sur les droits syndicaux des femmes.

« Je veux m’assurer que les travailleuses connaissent leurs droits et encourager davantage de femmes à parvenir à décrocher des postes de direction au sein des syndicats, » déclare-t-elle.

Les participants de l’atelier ont été invités à identifier les questions les plus importantes sur le marché du travail jordanien à l’heure actuelle. Leurs réponses étaient sans équivoque : un salaire minimum trop bas et un taux de chômage trop élevé.

En Jordanie, le salaire minimum s’élève actuellement à environ 255 euros par mois. Le taux de chômage est de 13 pour cent.