Dialogue social en Afrique de l’Est - échange d’expériences au cours du quatrième Forum de haut niveau

Caroline Khamati Mugalla (EATUC), Henrik Als (LO-FTF) et Wellington Chibebe (CSI) ont échangé leurs expériences et points de vue sur le rôle du dialogue social dans la coopération au développement à l’occasion d’un débat organisé dans le cadre du Knowledge and Innovation Space lors du quatrième Forum de haut niveau. Lors de son discours d’ouverture, Jürgen Schwettmann (PARDEW, OIT) a salué les travaux de l’EATUC et souligné l’importance du dialogue social pour un développement durable et inclusif.

Dialogue social en Afrique de l’Est - coopération entre l’EATUC et LO-FTF

Contexte

La pression économique mondiale a provoqué des licenciements massifs, une croissance significative de l’économie informelle et une plus grande pression sur les entreprises qui, à son tour, a entraîné une grave détérioration des conditions de travail et de l’accès à la protection sociale de base dans ces pays. Elle a poussé les États membres en Afrique de l’Est à revitaliser leur coopération sous-régionale au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE - Kenya, Tanzanie, Ouganda, Rwanda et Burundi) afin de promouvoir un processus d’intégration régionale plus fort, associant les échanges commerciaux interrégionaux, la libre circulation du capital/de la main d’œuvre/des biens, l’harmonisation de l’éducation, etc.

Lors des quatre dernières années, l’appui apporté par le Conseil de LO/FTF au mouvement syndical d’Afrique de l’Est a privilégié le renforcement du dialogue entre le mouvement syndical d’Afrique de l’Est et les gouvernements nationaux, les institutions de la CAE, etc. dans le but de faire pression en faveur de l’adoption d’un agenda du marché du travail au sein de la CAE. Le renforcement du secrétariat régional de l’East African Trade Union Confederation (EATUC), comme mécanisme régional associant les centrales syndicales nationales d’Afrique de l’Est, a permis aux syndicats de jouer un rôle plus dynamique et de bénéficier d’une voix collective plus forte dans le développement actuel et futur de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE).

Objectifs

Ce programme avait pour but d’améliorer les conditions de travail, d’accompagner la création d’emplois décents et durables et de contribuer au développement économique et démocratique en soutenant le plaidoyer régional et le dialogue social local sur le lieu de travail.

Le premier objectif spécifique du partenaire régional EATUC était de mener des actions efficaces de plaidoyer et de lobbying auprès de la Communauté de l’Afrique de l’Est sur toute une série de questions relatives au marché du travail dans le cadre de l’Agenda du travail décent. Cet objectif a également consisté à obtenir la reconnaissance de l’EATUC, par les comités techniques et les institutions de la CAE, comme organisation ressource technique - et plateforme de dialogue avec les syndicats nationaux sur les questions socio-économiques et celles relatives au marché du travail en Afrique de l’Est.

Le deuxième objectif spécifique visait à permettre aux centrales nationales de renforcer leurs propres capacités à travers la mise en commun des meilleures pratiques sur le dialogue social et d’autres sujets - par l’établissement de réseaux de formateurs et d’organisateurs.

Innovation

Contrairement à la collaboration dans le cadre d’un projet national traditionnel, la dimension régionale du programme, associant simultanément les niveaux régional et national, avait pour objet de créer des effets de synergie à l’échelle régionale, au niveau du dialogue social au sein de la CAE, ouvrant ainsi un espace de dialogue démocratique et de participation au niveau régional.

Au niveau national, les centrales ont renforcé leur capacité à participer aux discussions régionales et formalisé le dialogue social avec les gouvernements nationaux. Toutes les centrales nationales ont apporté une contribution et un appui systématiques au niveau régional à travers les réunions des directions nationales et l’action du Comité d’experts de l’EATUC - qui ont à nouveau été utiles à leurs propres actions de lobbying auprès des délégations gouvernementales au sein de la CAE.

Au niveau régional, l’EATUC a joué un rôle déterminant dans l’institutionnalisation d’une voix syndicale collective en Afrique de l’Est, à travers la rédaction de documents politiques bien préparés, les actions de lobbying visant les processus politiques et le dialogue social avec les gouvernements et les employeurs sur la charte sociale, le protocole de la CAE, etc. Cette action a été soutenue et approuvée par toutes les centrales nationales. L’action du Comité d’experts, en particulier, a été essentielle à l’établissement d’une plateforme collective et un flux d’informations plus important et plus efficace au sein des structures nationales syndicales.

Résultats

La dimension régionale du programme s’est avérée essentielle au succès des syndicats dans la région en termes d’influence du processus d’intégration au sein de la CAE. L’EATUC dispose aujourd’hui d’un statut d’observateur au sein de la CAE dont elle s’est efficacement servie au cours des deux dernières années pour mener des actions de lobbying de qualité et très efficaces, par exemple, en faveur de l’annexion d’une charte sociale au Protocole du marché commun de la CAE. Elle inclut désormais des paragraphes sur le travail décent, les marchés du travail, les emplois décents, la création d’emplois et d’autres questions socio-économiques, contribuant activement au développement inclusif et durable de la région.

Le programme a également soutenu des actions de formation plus traditionnelles, telles que des ateliers sur des aspects spécifiques du dialogue social (lobbying, genre, etc.) menées conjointement avec toutes les centrales syndicales nationales et l’EATUC. L’appui apporté à chaque centrale a permis de renforcer leur capacité à participer au dialogue national à l’échelle nationale et sur le lieu de travail, à travers la création de réseaux de formateurs et d’organisateurs, lesquels consolident la transmission d’informations des niveaux national et local à la plateforme régionale. Au cours des prochaines années, l’appui national apporté aux centrales nationales s’intensifiera de façon à organiser des ateliers nationaux qui aborderont des sujets régionaux au niveau de la CAE en alliance avec l’EATUC.
Un appui similaire a été apporté au fil du temps aux syndicats, en Afrique australe par exemple. Il est important de souligner ici la nécessité de concevoir un mécanisme interne (par exemple un comité d’experts) afin de renforcer les liens et la coordination entre les centrales nationales individuelles et le partenaire régional - dans ce cas l’EATUC.

Texte issu de la description du débat fournie par LO-FTF

Informations complémentaires :

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