Birmanie : La CSI et la CES appellent l’Union européenne à adopter des sanctions sévères

La Confédération syndicale internationale (CSI) et la Confédération européenne des syndicats (CES) ont appelé aujourd’hui l’Union européenne à donner l’exemple (...)

Bruxelles, le 4 octobre 2007 : La Confédération syndicale internationale (CSI) et la Confédération européenne des syndicats (CES) ont appelé aujourd’hui l’Union européenne à donner l’exemple en adoptant des sanctions sévères contre la Birmanie après la répression sérieuse perpétrée dans ce pays par la junte militaire au cours des derniers jours et semaines.

L’Europe a déjà mis des sanctions en place, mais elles sont largement insuffisantes face au type de pression requis pour convaincre les militaires de la nécessité de la démocratie. Le secteur du gaz et du pétrole, qui constitue la principale source de revenu international de la junte, devrait figurer en tête de liste des sanctions. Selon la CSI et la CES, tout régime de sanctions n’incluant pas le pétrole et le gaz perdrait de son efficacité et de sa crédibilité.

« Les vrais bénéficiaires des liens commerciaux avec la Birmanie sont les militaires. Ils ont le contrôle total de l’économie du pays et l’utilisent pour s’enrichir aux dépens de la population. Toute opération commerciale avec la Birmanie constitue en fait un soutien à ce qui est un des régimes les plus barbares et les plus oppresseurs du monde, et l’importance de ce commerce pour les généraux birmans est encore plus claire au moment où ils renouvellent leurs incessantes tentatives visant à contraindre Aung San Suu Kyi à se désolidariser de l’appel lancé par le mouvement démocratique birman en faveur de sanctions mondiales », a déclaré Guy Ryder, le Secrétaire général de la CSI.

La CSI et la CES appellent plus particulièrement l’UE à :

- Interdire à toutes les entreprises enregistrées dans l’UE et à leurs filiales ainsi qu’aux citoyens de l’UE d’investir en Birmanie. Cette interdiction s’appliquera à tout nouvel investissement et est assortie de l’obligation de désinvestissement de toutes activités commerciales existantes. Cette interdiction doit couvrir tous les secteurs, y compris le pétrole et le gaz, et inclure les investissements - sous forme de joint ventures ou d’accords similaires - réalisés par des entreprises enregistrées dans l’UE dans toutes les entreprises d’Etat birmanes (et pas seulement celles qui sont nommément "désignées") ;

- interdire à toutes les entreprises enregistrées dans l’UE de conclure des joint ventures ou des contrats ou de faire des affaires avec les militaires et les entités d’Etat ;

- interdire l’importation dans l’UE de biens et services en provenance de Birmanie, et de manière particulièrement urgente, interdire l’importation de biens fournis par des entités détenues et/ou gérées par les militaires birmans, le personnel militaire et/ou leurs proches, ou produits par des entreprises détenues par ces derniers ou des personnes associées à ceux-ci ; cela inclut l’interdiction des biens stratégiquement importants qui sont produits sous le monopole de l’état birman, tels que le bois et les pierres précieuses ;

- interdire les transferts financiers internationaux et les transactions provenant de Birmanie ou à destination de celle-ci, effectués par des citoyens, des entités officielles ou des entreprises de l’UE. Cela doit inclure l’interdiction pour les entreprises établies dans l’UE d’effectuer, d’approuver, de financer, de faciliter ou de garantir des transactions financières internationales avec des banques détenues par le gouvernement birman.

- Des mesures destinées à garantir que des armes en provenance de l’UE ne soient pas vendues à la Birmanie par des pays tiers - comme on croit que cela a été le cas dans le passé ; et l’interdiction d’étendre les crédits à l’exportation accordés par les gouvernements de l’UE à leurs entreprises dans le cadre de toute opération commerciale ou investissement en Birmanie.

John Monks, le Secrétaire général de la CES, a déclaré : « Il est clair que l’engagement économique ne contribue pas à tempérer ce régime. Les ministres de l’UE doivent à présent agir de façon décisive et s’entendre sur des mesures sévères afin que les généraux prennent conscience de l’indignation des travailleurs et des citoyens européens ».


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