Bangladesh : Le pacte sur la durabilité enregistre peu de progrès

Cinq années se sont écoulées depuis l’effondrement tragique de l’immeuble Rana Plaza et les engagements pris dans la foulée du drame, pour améliorer à la fois la sécurité incendie et bâtiment et le respect des droits fondamentaux des travailleurs dans le cadre du Pacte sur la durabilité, signé par l’OIT, l’Union européenne, les États-Unis et le gouvernement du Bangladesh (et subséquemment aussi par le Canada).

Cette semaine, les parties au Pacte sur la durabilité se réunissent pour la quatrième fois, pour faire le point sur les progrès accomplis.

Or force est de constater qu’il y a peu de progrès à signaler. Les organes de contrôle de l’OIT continuent d’exprimer de sérieuses préoccupations eu égard au non-respect des droits de liberté syndicale et de négociation collective, de même qu’à la violence et la discrimination persistantes contre les travailleurs. D’autre part, la poursuite de l’Accord sur la sécurité incendie et bâtiment au Bangladesh, instrument qui a garanti la sécurité des usines du secteur de l’habillement au cours des cinq dernières années, fait désormais l’objet d’une opposition considérable au sein du gouvernement du Bangladesh.

La CSI en appelle à la Commission européenne à ouvrir une enquête pour faire répondre le gouvernement bangladais de son échec à respecter la clause de travail inhérente à l’initiative Tout sauf les armes, dans le cadre du Système de préférences généralisées de l’UE. Qui plus est, les signataires du Pacte sur la durabilité sont appelés à clairement indiquer que l’Accord sur la sécurité incendie et bâtiment doit être maintenu en application jusqu’au moment où une instance de réglementation nationale soit totalement prête à prendre le relais, aux fins de prévenir de nouveaux accidents et décès de travailleurs.