Présence des syndicats à la réunion régionale européenne du Forum politique sur le développement

Une délégation syndicale a assisté à la première réunion régionale européenne du Forum politique de l’UE sur le développement (PFD), qui repose sur un dialogue structuré entre l’UE, la société civile et les autorités locales au sujet de la coopération au développement. Cette manifestation s’est tenue à Gand (Belgique) les 15-16 janvier 2018.

Les participant(e)s à la réunion ont abordé de nombreux points considérés comme prioritaires, notamment la responsabilité du secteur privé dans le domaine du développement, les conditions favorables à l’action de la société civile et des autorités locales, la migration et la sécurité, le rôle des grandes villes dans le développement durable, et les instruments financiers de l’UE qui soutiennent la coopération au développement.

Anton Leppik, secrétaire exécutif du Conseil régional paneuropéen de la CSI (CRPE), a abordé la question des conditions favorables lors de la réunion et a rappelé les difficultés que rencontrent de nombreux travailleurs et syndicats en Europe et dans les pays voisins situés à l’est de l’UE, notamment les restrictions à la liberté syndicale et à la liberté de réunion, l’emprisonnement de syndicalistes, les entraves à la poursuite du dialogue social et de la négociation collective, mais aussi les constantes mesures d’austérité et la dégradation des droits du travail et des conditions de travail qui s’étendent de la Pologne au Kirghizstan. Leppik a demandé à la Commission européenne de continuer à soutenir les syndicats de ces régions, qui sont les acteurs fondamentaux d’une croissance inclusive et durable.

Pendant la réunion, Paola Simonetti, coordinatrice du Réseau syndical de coopération au développement (RSCD), s’est exprimée sur la responsabilité du secteur privé, précisant qu’à l’ère des ODD ODD Les Objectifs de développement durable ont été l’un des résultats de la Conférence Rio+20. Les États membres ont lancé une nouvelle série de futurs objectifs internationaux en matière de développement, qui se baseront sur les Objectifs du millénaire pour le développement et convergeront avec le programme de développement pour l’après-2015. , les entités privées à but lucratif jouent un rôle de plus en plus important dans la coopération au développement, mais que cela risque de compromettre la nature même de l’aide publique au développement (APD). Compte tenu du Plan d’investissement extérieur de l’UE, qui concerne à la fois l’Afrique et les pays voisins de l’UE, Simonetti a mis en garde contre le miracle apparent du financement mixte pour combler les lacunes du financement du développement. Elle renvoie d’ailleurs à un rapport basé sur des observations factuelles réalisé par des syndicats, qui montre que le financement mixte et les instances qui en assurent la gestion (les institutions de financement du développement) ne sont pas adaptés pour administrer les fonds consacrés au développement en préservant un certain niveau d’efficacité. En outre, d’après Simonetti, toute initiative de faire participer le secteur privé au développement doit associer les syndicats car la présence des deux partenaires sociaux produira des résultats plus efficaces pour le développement.

Liina Carr, secrétaire confédérale à la Confédération européenne des syndicats (CES), a pris la parole lors du débat sur la migration, la sécurité et la promotion de la paix, en lien avec les initiatives de l’UE sur la fragilité et la résilience. Carr a fustigé la réponse de l’UE face à la crise des réfugiés et a plaidé en faveur de moyens sûrs permettant aux migrants et aux demandeurs d’asile de venir dans les pays de l’UE. Carr a également recommandé que les travailleurs bénéficient de conditions égales, indépendamment de leur statut de résident, et a attiré l’attention sur le fait que le travail décent et le dialogue social peuvent contribuer à la réconciliation et à la reconstruction dans les pays fragiles.

Le contenu de cette réunion alimentera les discussions de la réunion mondiale du Forum politique sur le développement, qui se tiendra à Bruxelles du 20 au 22 mars 2018. À un moment où d’importants changements sont prévus, notamment en ce qui concerne le Cadre financier pluriannuel de l’UE après 2020, l’Accord post-Cotonou entre l’UE et le groupe ACP, ou encore le Plan d’investissement extérieur de l’UE, un dialogue soutenu avec les institutions européennes est indispensable pour faire progresser les priorités syndicales en matière de coopération au développement.

La délégation syndicale se composait des représentant(e)s des syndicats suivants : ACLVB-CGSLB Belgique, ISCOS-CISL Italie, USO-Sotermun Espagne, le Congrès des syndicats démocratiques du Belarus, SAK-Finlande. Y ont également participé les représentant(e)s mondiaux des syndicats présents au Forum politique de l’UE sur le développement : Liina Carr de la CES, Anton Leppik du CRPE et Joan Lanfranco du RSCD.

Tous les documents de fond sont accessibles ici.

Réseau syndical de coopération au développement