Les Brésiliens se soulèvent contre le démantèlement des pensions et les attaques contre les droits des travailleurs par le gouvernement Temer

Plus d’un million de personnes à travers 27 États du Brésil sont descendues dans la rue ce 15 mars pour protester contre les coupes massives dans les pensions et la sécurité sociale annoncées par le gouvernement extrêmement impopulaire de Michel Temer.

Photo: Diego

Les manifestations, organisées par une coalition large qui rassemblait l’ensemble des centrales syndicales du Brésil, les mouvements des travailleurs sans toit et sans terre, des groupes indigènes et autres, se sont accompagnées d’une grève de 24 heures des enseignants et des travailleurs de la métallurgie, du pétrole, du transport et du secteur public. Temer, investi dans ses fonctions par un parlement gangréné par la corruption, dans la foulée du putsch politique qui a destitué la présidente Dilma Rousseff, a lancé un programme de coupes brutales ciblées contre les travailleurs et les pauvres, alors que son gouvernement se trouve engagé dans une course contre la montre pour boucler un programme qui favorise nettement les entreprises, avant qu’un nouveau cycle anticipé de procès de corruption ne vienne mettre fin à ses ambitions.

À Sao Paulo, l’ancien président Lula da Silva s’adressant à une foule de 250.000 personnes a déclaré : « Bien qu’il soit faible et non représentatif, Temer est parvenu à rassembler au Congrès une force politique comme nul autre président élu n’a réussi à faire. Ils sont déterminés à imposer une réforme de la sécurité sociale qui empêchera pratiquement des millions de Brésiliens de prendre leur retraite. Les travailleurs plus pauvres, notamment dans le Nord-est rural, partiront à la retraite avec l’équivalent de la moitié d’un salaire minimum. »

Le président de la CSI, João Felicio, a déclaré : « Le 15 mars, les travailleurs brésiliens ont donné une démonstration de force et de courage. Ils rejettent ces réformes du travail et de la sécurité sociale venant d’un gouvernement impopulaire et illégitime. Le soutien international restera extrêmement important pour la résistance face à ces réformes qui punissent les gens les plus pauvres. »

Dans le cadre des plans de Temer, une enseignante devra travailler 49 heures sans interruption pour pouvoir toucher l’intégralité de sa pension, et il en va de même pour les travailleurs agricoles. En revanche, les pensions des politiciens et des magistrats resteront intouchées.

Lula, qui reste encore aujourd’hui la personnalité politique la plus populaire du Brésil, est perçu comme la principale menace pour le gouvernement Temer et tout semble indiquer que les alliés que ce dernier compte au sein de la haute magistrature engageront des procédures judiciaires contre Lula pour l’empêcher de briguer un nouveau mandat politique. Des avocats spécialisés dans le droit international humanitaire ont saisi le Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans le cas de la campagne judiciaire menée contre Lula par un juge du tribunal de première instance, le populiste Sergio Moro. Commentant cette démarche en juillet dernier, l’illustre avocat du droit international humanitaire Geoffrey Robertson a décrit la persécution judiciaire à l’encontre de Lula comme une « violation flagrante du droit le plus fondamental à un procès équitable ».

Le gouvernement Temer est en passe de lancer une nouvelle offensive qui vise à affaiblir la société civile, cette fois en s’attaquant aux droits des travailleurs à être représentés par un syndicat. Ce faisant, il doit s’attendre à une forte résistance aux quatre coins du pays, qui bénéficiera du plein soutien du mouvement syndical international.

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