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Le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, élu « pire patron au monde »

Jeff Bezos, président-directeur général d’Amazon, s’est vu décerner le titre de « pire patron au monde » à l’issue d’un sondage mené par la Confédération syndicale internationale (CSI) lors de son troisième Congrès mondial. La CSI, qui représente 180 millions de travailleuses et de travailleurs, est en effet réunie à Berlin, en présence de plus de 1.500 délégués de 161 pays.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a expliqué que s’il existe beaucoup de PDG tristement connus, neuf ont été retenus pour le premier sondage organisé par l’organisation syndicale afin de déterminer le pire patron au monde.

« Le pouvoir des entreprises n’a plus de limites. Elles font plier les gouvernements en les menaçant de fuite de capitaux. C’est ainsi que l’avidité d’une poignée d’individus importe plus à nos dirigeants que les intérêts des 99 % de la population restante.
Nous avons décidé de dénoncer certains des éléments qui caractérisent les pires patrons : mépris de la démocratie, affaiblissement des droits des travailleurs, soutien à l’esclavage et au système de kafala.

En Allemagne, Amazon traite ses travailleurs comme s’il s’agissait de robots et d’ailleurs, la société ne cache pas son intention, d’ici quelques années, de remplacer son personnel par des machines. À la tête d’une riche entreprise américaine, présente dans le monde entier, méprisant la dignité et les droits de la main-d’œuvre, Jeff Bezos représente l’inhumanité des employeurs qui encouragent le modèle d’entreprise américain. Notre message aux grandes entreprises est “Arrière, vous n’allez pas maltraiter les travailleurs !” », a expliqué Sharan Burrow.

Plus de 20.000 votes ont été émis pour départager neuf PDG, choisis pour leurs atteintes aux droits de la main-d’œuvre et pour d’autres activités qui vont à l’encontre des intérêts des travailleuses et des travailleurs. De l’évasion fiscale aux intimidations ou aux tentatives d’influence de l’opinion publique, les manœuvres sournoises des pires patrons représentent les pires excès des entreprises mondiales.

La société Amazon est en tête de liste en termes d’évasion fiscale et de conditions de travail pénibles :

  • dans ses entrepôts, les salariés marchent plus de 24 km par jour
  • des ambulances stationnent régulièrement à l’extérieur des entrepôts pour recueillir des membres du personnel
  • en Allemagne, les salariés de l’entrepôt organisés par Ver.di se sont battus pour une amélioration de leurs salaires et de leurs conditions

« Dans les centres de distribution d’Amazon, les travailleurs doivent porter des terminaux numériques afin de surveiller leur moindre mouvement. Il n’y aucun accord quant aux pauses et au rythme de travail. Il y règne une atmosphère de vexations et les harcèlements sont courants. Les salariés sont réprimandés s’ils parlent entre eux ou même s’ils s’arrêtent pour reprendre leur souffle », a encore expliqué Sharan Burrow.

D’autres mentions déshonorantes ont été décernées à M. X, d’une importante compagnie aérienne et à Rupert Murdoch, président et PDG de News Corp.
Le PDG de Qatar Airlines accuse les syndicats d’être responsables du chômage dans le monde et, dans une interview accordée à Arabian Business (mai 2013), il a déclaré que « si les syndicats n’existaient pas, il n’y aurait pas ce problème de chômage en Occident ».

Les autres nominés du sondage sur le pire patron au monde sont :

  • C. Douglas McMillon, PDG des magasins Wal-Mart
  • Jamie Dimon, PDG de JP Morgan Chase
  • Loyd Blankfein, PDG du groupe Goldman Sachs
  • Charles Koch, PDG de Koch Industries
  • Lee Kun-Hee, président du groupe Samsung