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Investir dans l’économie des soins: la voie vers la croissance

Une nouvelle étude publiée, aujourd’hui, par la CSI révèle qu’un investissement de 2 % du PIB dans l’économie des soins dans seulement sept pays permettrait de créer plus de 21 millions d’emplois et d’aider les pays à relever le double défi du vieillissement de la population et de la stagnation économique.

Photo: ILO

Le rapport , qui analyse le potentiel de création d’emplois dans l’économie des soins en Allemagne, en Australie, au Danemark, aux États-Unis, en Italie, au Japon et au Royaume-Uni, démontre également que l’investissement dans le secteur des soins permettrait de réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes, de diminuer les inégalités globales et contribuerait à remédier à l’exclusion des femmes des emplois décents. Le G20 G20 The Group of Twenty, or G20, is a forum for international cooperation on the most important aspects of the international economic and financial agenda. It brings together 19 countries and the European Union, which together represent around 90% of global GDP, 80% of global trade and two thirds of the world’s population. s’est fixé l’objectif d’accroître de 25 % la participation des femmes au marché du travail au cours des prochaines années. Cet objectif ne peut être atteint que si le secteur des soins bénéficie d’un financement adéquat.

Le rapport cite des preuves supplémentaires d’Afrique du Sud et de Turquie pour démontrer que la relance économique par l’investissement dans l’économie des soins ne se limite pas aux pays les plus riches du monde.

Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a déclaré: « Cette étude révèle qu’un investissement constant dans les soins n’est pas seulement vital pour les sociétés, mais fournit également un moteur indispensable pour la croissance économique et agit comme un antidote à l’impact destructeur des politiques d’austérité qui ont échoué. La plus grande partie du fardeau des coupes dans les services a été supportée par les femmes, réduisant ainsi les revenus des ménages à une époque où le renforcement du pouvoir d’achat et de la demande économique s’avère essentiel pour rétablir la prospérité mondiale. Compte tenu du taux élevé de travail précaire et des bas salaires dans le secteur des soins, il est essentiel que les travailleurs et les travailleuses de ce secteur bénéficient d’une protection totale de la législation du travail conformément aux normes internationales.»

Des économistes du Women’s Budget Group ont développé une modélisation avancée de l’impact sur l’emploi d’un investissement de 2 % du PIB dans « l’infrastructure sociale » de l’éducation, de la santé et des services de soins de santé. Ils ont conclu que:

  • selon le pays, le taux global d’emploi augmenterait de 2,4 % à 6,1 %;
  • de 59 % à 70 % des emplois créés directement seraient occupés par des femmes; et
  • l’effet multiplicateur de ces nouveaux emplois entraînerait également une augmentation du taux global d’emploi des hommes, de 1,4 % à 4 % dans différents pays.

« Certains gouvernements ont pris des mesures pour accroître l’investissement dans les projets d’infrastructure physique, stimuler la croissance et pallier des décennies de sous-investissement. Nous disposons désormais de données empiriques claires sur les avantages économiques et sociaux de l’investissement dans le secteur des soins également. Les gouvernements devraient examiner ce point plutôt que de s’en tenir à un programme d’austérité basé sur une analyse profondément biaisée d’entrée de jeu. »

Les données présentées dans le rapport indiquent qu’un investissement de 2 % du PIB permettrait de créer:

  • 13 millions d’emplois aux États-Unis
  • 3,5 millions d’emplois au Japon
  • 2 millions d’emplois en Allemagne
  • 1,5 million d’emplois au Royaume-Uni
  • 1 million d’emplois en Italie
  • 600 000 emplois en Australie
  • 120 000 emplois au Danemark.

« Les coupes dans les services de soins publics ont eu un double impact sur les femmes. Elles connaissent davantage de difficultés à trouver un emploi décent et, dans la plupart des pays, en raison de la pression sur l’investissement social, ce sont généralement les femmes qui finissent par combler les lacunes comme aidantes non rémunérées. Cette situation, à son tour, les exclue de la main-d’oeuvre rémunérée encore plus longtemps, déchirant ainsi le tissu des ménages et des communautés. Notre nouvelle étude confirme que le type d’investissement approprié peut contribuer à redresser cette situation de crise sociale. Nous exhortons, dès lors, les gouvernements à relever le défi et à se débarrasser de leur obsession de satisfaire simplement le secteur financier. Les données sur ces sept pays renforcent le potentiel considérable en matière d’emploi et de croissance dans l’économie des soins à l’échelle mondiale, » a conclu Sharan Burrow.

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